Comment est défini le féminin ? N'est-il pas abusément utilisé pour les vêtements, entre autres, laissant aux hommes un choix restreint ? A-t-il évolué dans le temps ? Et mon ressenti quand je suis en robe ou jupe et collants ?

 

Selon le dictionnaire Larousse, la féminité est définie comme suit :

  • Qui est propre à la femme : Le charme féminin.
  • Se dit d'un groupe composé de femmes : Équipe féminine.
  • Qui a rapport aux femmes : Vêtements féminins.
  • Qui est destiné, réservé aux femmes : Épreuve féminine d'athlétisme.
  • Qui a les caractères reconnus traditionnellement à la femme : Il a une sensibilité féminine.

(Source : https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/féminin)

Equipe féminine
(Source : StockSnap sur pixabay.com)

 

Il est de même pour l’adjectif « masculin » et l’homme.

On constate bien ici que la « féminité » et « féminin » désignent strictement les femmes et la « masculinité » et « masculin » les hommes.

Donc dire qu’un vêtement est féminin c’est dire qu’il peut être porté par les femmes, dire qu’il est masculin, par les hommes. Il peut aussi être les deux donc appelé « mixte ».

Femmes et hommes en costume pantalon

(Source : 089photoshootings sur pixabay.com)

 

Mais qu’est-ce-qui permet de dire qu’un vêtement est féminin et/ou masculin ?

La plupart d’entre vous répondrez que les robes ou les jupes, les petites fleurs, les vêtements à volants, les débardeurs à fines bretelles, les sous-vêtements en dentelles, les pantalons roses, les escarpins ou les ballerines, les boucles d’oreilles pendantes ou les montres fines, le maquillage … sont féminins ; les vestes militaires, les costumes-cravate, les jeans-polos, les chemises camionneurs, les chevalières, les chaussures fermées plates ou les sandalettes, … sont masculins.  

Couple : homme en pantalon, femme en robe

(Source : aliceabc0 sur pixabay.com)

 

(Source : haryono5 sur pixabay.com)

 

Pourtant dans nos livres d’histoire et les films historiques, nous y avons tous vu que les hommes portaient robes, dentelles, broderies, frou-frou, hauts-talons, bas/collants, boucles d’oreilles pendantes, maquillage, cheveux longs bouclés, … au même titre que les femmes.

 

(Illustration du roi de France Louis XIV)

 

Dans ce passé où on appuyait la différence homme/femme, il serait surprenant qu’il se soit dit qu’un homme était féminin avec ces vêtements et ce qui les composent. Ils étaient plutôt un signe d’élégance et de beauté mais également, pour se distinguer des classes inférieures, de noblesse et de richesse.

 

(Source : FOTORC sur pixabay.com)

 

Il en est encore de-même aujourd’hui dans certains pays ou certaines cultures comme par exemple sur le continent africain ou en Asie.

 

(Source : alexstrachan sur pixabay.com)

 

(Source : wahyucupitu7grafi sur pixabay.com)

 

Il est dit que ces derniers siècles les hommes devaient avoir une fonction pratique et utile, sans chichi, tandis que les femmes, considérées comme objets des hommes, devaient continuer à plaire à leur mari, à être belles. Donc malheureusement, avec le temps et au contraire des femmes, les hommes ont renoncé à toute fioriture laissant place à peu de diversité, et une grande partie de ce qui était jugée comme de l’élégance et de la beauté a été progressivement considérée comme de la féminité et uniquement féminin, excluant l’homme de certains vêtements, certains tissus et certains motifs qu’ils portaient autrefois. Ne pas voir pendant des générations un type de personnes porter tel vêtement ou tel composant d’une tenue fait rentrer dans l’inconscient qu’elle ne peut en porter, et pire, que c’est inadmissible si c’est un vêtement porté habituellement par l’autre sexe. Rappelez-vous quand des femmes ont souhaité commencer à porter des pantalons il y a environ un siècle.

(Source : Candid_Shots sur pixabay.com)


 

En conclusion :

Tout vêtement n’est initialement ni strictement féminin ni strictement masculin. Ce qui le qualifie réellement l’un ou l’autre est son adaptation au corps différent de la femme et de l’homme (poitrine, taille plus prononcée et pas à la même hauteur, forme au niveau de l’organe génital), et non pas son tissu, ses motifs, … sinon il est mixte.

 

(Source : UrbanGabru sur pixabay.com)

(Source : spicetree687 sur pixabay.com)

(Source : K2-Kaji sur pixabay.com)

(Source : zafroy sur pixabay.com)

(Source : Toan_Le sur pixabay.com)

(Source : doodleroy sur pixabay.com)

 

En parallèle, quand un homme pleure on a tendance à dire que c’est son côté féminin qui s’exprime. Mais un bébé-garçon pleure à sa naissance, c’est l’éducation qu’on lui donne qui le formate dans le « tu ne vas pas pleurer comme une fille ! ». En fait, pleurer est humain ou naturel mais certainement pas strictement féminin. Cela serait féminin si les garçons naissaient sans larme, de la même façon qu’un pantalon ne serait que masculin si les filles ne naissaient qu’avec une jambe 😉

 

 (Source : Candid_Shots sur pixabay.com)

 

 

Et donc ma façon de penser... :

Par la lecture du texte ci-dessus, vous pouvez désormais imaginer ma façon de penser et de me sentir. Lorsque je suis en jupe ou robe qui laisse apparaitre au dessus de mes bottes mes collants noirs ou de couleur et que vous jugez peut-être en partie féminin ou trop féminin "pour un homme" selon vos critères influencés par notre culture, moi je pense n'être qu'élégant, chic voire sexy, mais nulement féminin. Un travesti est féminin ! même en pantalon et chaussures d'hommes, car il aura changé sa morphologie de façon à avoir en apparence un corps de femmes (faux seins dans un soutien-gorge, fausses hanches).

Un homme en jupe n'est pas habillé en femme, il est habillé en jupe !

 

(Jérôme Salomé en jupe, collants et bottes sur son lieu de travail)

(Jérôme Salomé en jupe et chemise sans manche chez sa compagne)

(Jérôme Salomé en jupe, bottes et chemise sur son lieu professionnel)

(Jérôme Salomé en robe, collants et bottines chez sa compagne)